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Thèse sur la sécurisation de la mobilité pastorale [Maroc]

Depuis 2025, PASTOREG accueille une doctorante sur les enjeux de mobilité pastorale au Maroc. Cette thèse est portée par l’Iram à travers un contrat CIFRE, en collaboration avec l’Unité mixte de recherche Selmet du Cirad.

Le pastoralisme demeure un mode de subsistance majeur à l’échelle mondiale, tout en étant confronté à de profondes transformations institutionnelles et environnementales. Au Maroc, selon le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime, les terrains de parcours – y compris forestiers – couvrent environ 62 millions d’hectares, soit plus de 85 % de la superficie nationale. Situés majoritairement en zones arides et semi-arides, ils ont historiquement fait du pastoralisme l’une des principales sources de revenus des populations concernées.
Pourtant, ce mode d’élevage est longtemps resté marginal dans les grandes politiques agricoles qui ont structuré le pays depuis la période coloniale, y compris les plus récentes, comme le Plan Maroc Vert ou la stratégie Génération Green. Fondées sur la mobilité des hommes et des troupeaux, ces pratiques ont été fragilisées par les politiques de sédentarisation et la déstructuration des organisations tribales, désorganisant les modes traditionnels de gestion.
La prise en compte explicite des enjeux pastoraux n’émerge véritablement qu’à partir des années 1990 et s’accélère dans les années 2010, à la suite de conflits médiatisés dans le Souss entre agriculteurs et transhumants. En réaction, l’État marocain adopte en 2016 la loi 113.13, qui instaure un « cadre juridique relatif à l’organisation, au développement et à l’exploitation rationnelle et durable des ressources pastorales, à la sécurisation de l’assiette foncière à vocation pastorale et sylvopastorale, à la garantie des droits d’accès et d’usage (…) et au règlement des différends ».
Pour mieux comprendre ces enjeux, l’Iram accueille depuis septembre 2025 dans ses équipes Amélie Smith, doctorante en géographie. Sa thèse, encadrée en partenariat avec l’Unité mixte de recherche Selmet du Cirad, interroge les effets de cette injonction à la formalisation dans un contexte de forte variabilité climatique, où la flexibilité des pratiques constitue une condition centrale de viabilité des systèmes pastoraux.
Un travail de terrain est mené sur le versant sud du Haut Atlas (vallées du Mgoun et du Dadès) et dans le massif du Siroua pour comprendre comment les éleveurs, dans leurs itinéraires de mobilité, ainsi que les dispositifs de gouvernance collective des ressources en recomposition, articulent flexibilité, régulation et sécurisation de la mobilité et de l’accès aux ressources. L’objectif est d’identifier les tensions, les ajustements et les différenciations que ces transformations produisent aux échelles collectives et individuelles. Cette thèse a notamment pour ambition de nourrir les réflexions sur l’opérationnalisation de la loi pastorale marocaine, portées par le collectif Pastoreg, nourrissant et participant à animer le dialogue politique entre les territoires.